08.03.2009
parce qu'il a dit qu'ensemble tout est possible
Angoisse. Presque sourde et pourtant si présente.
Tout le monde le dit, tout le monde en parle. On est beaucoup, il suffirait d’hurler tous ensemble pour mettre fin à tout ça. Mais non.
On avance doucement vers l’immonde, consentants…
Des lois qui détruisent l’école pour faire des futurs enfants des petits pions malléables à merci.
Que faire ?
Lutter évidemment.
Je me joins à l’angoisse générale. J’ai peur. Peur de l’avenir, des dirigeants, de la société, du capitalisme, du fric , des flics.
Mais je lutte, j’enrage, à chaque expulsion j’ai l’impression qu’on m’arrache les tripes, « être cultivé pour être libre » j’y crois. Je serai donc prof et ce n’est pas Sarko qui m’en empêchera !!!
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14.02.2009
OQTF
Obligation à Quitter le Territoire Français.
« Mais qu’est-ce qu’on doit faire ? »
Changer d’appartement, ne pas sortir le soir, ne pas aller à la gare.
J’avais arrêté depuis plusieurs mois d’aider les sans-papiers.
5 étudiants de ma fac ont des problèmes, peut-être plus. Une manif est organisée samedi.
Je ne peux même pas en parler, je n’y arrive pas.
fac en grève
On dit que le mouvement prend de l’ampleur dans toutes les villes du pays.
Le blocage de la fac a été voté mardi en Assemblée Générale. Les profs, en grève depuis plusieurs semaines étaient contre.
Début d’un mouvement. Je suis morte de trouille. La fatigue ajoute au stress.
Mais cette fois-ci les profs sont avec nous, pour une fois, alors on ne les lâchera pas. Pas moi en tout cas… Les autres étudiants grévistes insistent sur la séparation des deux mouvements, étudiants d’un côté, professeurs-chercheurs de l’autre.
Je leur courre après. Avant les blocages ils organisaient des débats, sur la mastérisation, la réforme des statuts d’enseignants-chercheurs, la précarité à l’université. Puis nous n’avons plus vu personne.
Du coup à la dernière manif, j’ai insisté auprès de mes profs présentes sur la possibilité de faire une réunion interne au département d’espagnol à la rentrée.
La fac est bloquée, ou plutôt occupée, il est important qu’elle reste vivante.
07.09.2008
Translation (2)
Retour à l’appartement.
Dernier repas ici, enfin la bas. On commande des pizzas. Un taxi viendra me chercher dans la nuit. Je ne veux pas partir, je suis soudain très angoissée, je voudrais dormir mais il faut que je refasse ma valise et puis de toute façon je n’ai pas le temps de dormir.
Dani et Noelia m’accompagne gentiment dans ma nuit blanche. J’ai très chaud.
On sonne en bas, c’est le taxi.
Gracias
No, a ti, mujer !
Il roule vite, personne sur le periph’, il plaisante avec ses collègues par radio.
Le trajet me relaxe.
Arrivée à l’aéroport.
Il beaucoup de gens étendu sur le sol, ils dorment là... C’est ce que j’aurais dû faire. J’ai dépensé presque autant dans le taxi que dans le billet d’avion. J’aurais pu prendre le dernier métro.
Bref.
Vol tranquille, arrivée à Eindhoven où je descends de l’avion en tenue madrilène.
Il fait un vent de fou.
Je suis contente d’être là. Je trouve le bus qui va vers la gare. On fait la queue pour acheter un ticket. 3€ ! Cher pour 20 minutes de trajet.
Acheter le ticket prend du temps, le distributeur ne fonctionne pas ou très mal Du coup tout le monde panique un peu, je discute avec les autres voyageurs, ils semblent qu’ils aillent tous à Amsterdam, un type de mon âge ne comprend pas pourquoi je vais à La Haye, quelle idée ?
Il m’explique que lui et ses amis vont se rendre dans un coffee shop dès leur arrivée, je lui explique que des coffee shop il y en a partout aux Pays-Bas mais ce qui je lui dit ne l’interesse pas. Qu’est-ce qu’elle en sait celle-là ?
Suite à ça, arrivent un couple de français, le type commence donc à sortir en braillant les trois pauvres mots de français qu’il connaît, ces potes le suivent. Ils essaient de me faire participer, je me dirige vers l’entrée du bus, on doit pouvoir acheter le ticket à l’intérieur. Ce type est assez con pour ne pas avoir entendu mon accent.
Pendant le trajet en bus je parle avec une famille d’argentins. Ils sont venus à Madrid pour 3 ans et en profite pour visiter l’Europe. On se sépare à la gare, ils regrettent que je n’aille pas à Amsterdam avec eux.
Le train part, il fait très chaud dans la cabine, le chauffage marche.
Deux vieilles dames discutent, je m’amuse de cette langue qui n’a aucun sens pour moi.
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